Ode à la jeune trentenaire
- 1 oct. 2016
- 3 min de lecture
Crédit photo : KOTV
Elles sont quatre filles début trentaine qui, chacune à leur façon, se retrouvent prise dans une crise existentielle. Amour, liberté sexuelle, choix de vie, la nouvelle télésérie Les Simone, présentée à Radio-Canada, était l’une des plus attendues de l’automne. Coécrite par Louis Morissette et Kim Lévesque Lizotte et réalisée par Ricardo Trogi, cette série humoristique a de quoi faire réfléchir sur la place des femmes d’aujourd’hui.
Qu’est-ce que je veux réellement dans la vie ? Nous nous posons tous cette question un jour ou l’autre dans nos vies ? Maxim, une jeune femme fin-vingtaine, se la pose activement. Elle ne sait pas trop où elle est rendue dans la vie. Elle décide donc de quitter son Québec natal pour refaire sa vie à Montréal en compagnie de son amie d’enfance Laurence, Nikki, une barmaid à l’esprit libre ainsi que sa sœur Élizabeth, qui a une vie de famille bien remplie. Ensemble, elles sont Les Simone, quatre femmes de caractères, qui font face à une crise identitaire des femmes de leur génération.
Les Simone… de Beauvoir.
Le titre de cette série n’est pas sans équivoque. Les Simone, c’est un peu des Simone de Beauvoir contemporaines. Dans la série, on y reconnaît toute la question féministe par le besoin des personnages féminins de se libérer des pressions sociales. En s’appuyant sur des thèmes forts de la question féministe tels que la liberté sexuelle des femmes ou encore la maternité, Les Simone nous offre de revisiter ce courant idéologique qui, dans l’actualité, semble toujours mitiger, mais qui pourtant, est toujours aussi nécessaire.
Au travers de la quête de Maxim, qui est interprété avec brio par Anne-Élizabeth Bossé, on se sent facilement interpellé par toute cette question identitaire de la jeune trentenaire. Bien que plusieurs des personnages soient quelque peu caricaturaux (François, le chum de Québec, xénophobe ou encore Élizabeth, la sœur trop parfaite qui noie son ennuie dans les bouteilles de vin) cela ne rend pas lourd l’écoute de la série. Ça semble plutôt anecdotique.
« J’étouffe calvaire, j’étouffe François ! »
Au début du second épisode, François vient chercher Maxim à Montréal et tombe plutôt sur elle au lit avec un autre homme. S’en suit une longue querelle entre les deux. Anne-Élizabeth Bossé (Maxim) nous plonge vraiment dans l’émotion. Elle nous montre avec aplomb la cage de jugement dans laquelle les femmes de cette génération sont prises au piège. Cette scène, parmi tant d’autres, révèle la force de cette nouveauté, crue et frappante. La jeune actrice que l’on a également pu voir dans la série à succès Série Noire, montre une fois de plus toute l’étendue de son talent.
Pour ce qui est de la réalisation, Ricardo Trogi, comme à son habitude, fait un travail sans bavure. On reconnait sa signature humoristique qui nous avait tant plus dans 1981 et 1984 et qui, une fois de plus, fait une impression remarquable.
Mais ce qui est le point fort de cette série est, sans aucun doute, les textes forts de Louis Morissette et Kim Lévesque Lizotte. Le scénario est écrit de telle sorte que l’on peut facilement s’y identifier. Le doux mélange entre le drame et l’humour permet efficacement de faire passer le message. Cette collaboration entre deux auteurs et humoristes de talent propose une série qui a du mordant et qui mérite d’être regardée.
Les Simone, c’est la série de l’automne. En la regardant, vous vous sentirez comme si vous aussi, vous faisiez partie de ce beau groupe de jeunes femmes fortes. Si vous l’avez manqué jusqu’à présent, ne vous en faites pas, elle se retrouve sur tou.tv.
La série Les Simone est présentée tous les mercredis soir à 21 h 30 sur les ondes de Radio-Canada.














Commentaires