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Nous ne le dirons jamais assez : Non ça reste et sera toujours non.

  • 9 nov. 2016
  • 3 min de lecture

Crédit photo : Annie T. Roussel

Crédit photo : Annie T. Roussel

La première fois que je me suis faite siffler sur la rue, j’avais 11 ans. La première fois qu’on m’a mis la main aux fesses sans que je ne le veuille, 13. J’ai reçu mon premier dick pic à 15 ans et la première fois qu’on m’a attrapé par l’entrejambe, à 17. J’ai maintenant 20 ans et la peur au ventre que d'autres gestes indécents à mon égard ne se produisent.


Ce qui relie ses faits, outre le caractère sexuel qu’ils ont, est qu’à chacune de ces fois j’ai dis non, haut et fort, et que chacune de ces fois, je me suis fait dire que j’exagérais, qu’il n’y avait rien là, ou pire, que je l’avais cherché.


La culture du viol, c’est ça.


Ce n’est pas seulement le viol pur et dur. C’est tous les gestes et paroles à caractères sexuels non désirés que les femmes, jeunes et moins jeunes, se doivent de subir durant leur vie juste parce qu’elles ont un vagin entre les jambes et qu’une partie de la société ne trouve pas ça bien grave d’être déplacer. Ça n’a pas de sens !


Suite à la succession d’événements tels que le désormais encore plus célèbre « Grab her by the pussy » de Donald Trump, Jian Ghomeshi, les agressions de l’Université Laval ou encore l’affaire Sklavounos, une multitude d’hommes et surtout de femmes se sont dirigés dans les rues de Montréal et Québec (entre autres) afin de dénoncer. Julie Tremblay, directrice de l’organisme Viol-Secours et porte-parole lors de la manifestation contre la culture du viol de Québec a d’ailleurs insisté sur le fait que : « On constate qu’il y a une tolérance, que des gens sont désensibilisés par rapport à ça, et cherchent à culpabiliser les victimes. »


Il est là tout le problème. On culpabilise les victimes et on supporte les agresseurs.


N’ayons pas peur des mots


Nous ne le répéterons jamais assez, une femme sur trois sera victime d’agression sexuelle dans sa vie. 90 pourcent d’entre elles, ne le déclarerons pas à la police. 90 pourcent. Ai-je dis que QUATRE-VINGT-DIX POURCENT des victimes ne dénoncent pas ? C’est complètement surréel, définitivement inacceptable !


Et pourquoi elles ne le dénoncent pas ? Parce qu’elles ont peur. Elles ont peur que ce soit inutile, qu’elles ne soient pas prises au sérieux, qu’on les accuse d’avoir fait exprès, qu’on les accuse de mentir, d’inventer, de détruire des vies.


Et la leur ? Leur vie à ces femmes qui feront des cauchemars, qui auront peur de sortir le soir, d’avoir une relation intime avec quelqu’un, de prendre un verre au bar. Et leur vie à elles qui se sentent juger, manipuler, mal mener, par une société qui préfère se boucher les oreilles et regarder ailleurs. On en fait quoi de leur vie à toutes ses femmes ?


Trouver une solution


Peut-être suis-je optimiste, peut-être que je rêve en couleur, mais il y a des solutions pour réduire ces statistiques. Il faut éduquer nos garçons et nos filles à comprendre l’importance du NON verbal ou non-verbal. Il faut collectivement ouvrir nos yeux et arrêter de se faire croire que ça n’existe pas et que : « c’est juste des jokes, on peut pu rien dire asteure. » Il faut impérativement que chaque victime se sente épaulée dans son processus de dénonciation. Il faut surtout prendre le temps de faire comprendre tout l’impact de tels gestes sur une personne.


Les victimes se sont nos mères, nos filles, nos amies. Elles sont aussi nous parfois. Dans tous les cas, ce sont des êtres humains qui méritent le respect. Que ce soit un commentaire à 15 ans, une langue dans la bouche à 22, ou un viol complet à 55 ans, que nous soyons journaliste, étudiante, technicienne en garderie ou encore escorte, aucune femme ne doit se taire. Chaque agression a une importance et chaque agression mérite d’être dénoncer.

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