Un collectif à lire collectivement
- 28 oct. 2016
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Crédit photo : Les Éditions Québec Amérique
La culture du viol, ce n’est pas quelque chose de clair pour tout le monde. Un collectif, sous la direction de Nancy B.-Pilon, a pris l’initiative de tenter de l’expliquer par des histoires vraies ou inventées, des extraits de théâtres, des poèmes ainsi que des écrits plus factuels. Dans la foulée des événements qui ne cesse d’ébranler le Québec, le livre Sous la ceinture : Unis pour vaincre la culture du viol est sans contredit un point d’ancrage pour tous ceux qui cherchent à comprendre et à dénoncer.
On en tombe amoureux dès les premières lignes. Chaque petit texte écrit par des hommes et des femmes aux visions différentes frappe de plein fouet nos esprits et nos cœurs. Ces histoires nous donnent envie de pleurer, de crier, de nous révolter contre cette culture qui apparaît sous de nombreuses formes.
Que de la sincérité !
L’un des textes les plus marquants de ce collectif est sans doute « Allez hop, un peu de sincérité » de la bien connue Sophie Bienvenue, auteure de Et au pire, on se mariera. Dans ce texte à saveur personnelle, Mme Bienvenue propose toutes les fois où elle a participé à cette culture sans vraiment le comprendre. Ce texte est marquant puisque c’est l’écrit qui représente la plus grande partie de la société. Elle nous raconte, entre autres, la fois où elle a objectifié une belle fille et qui nous rappelle à quel point chaque geste déplacé engendre cette culture : « Récemment, on m’a demandé comment je pouvais objectifier les femmes à ce point-là tout en étant féministe. On a dit que c’était un paradoxe cute. Sauf que j’ai compris que c’est loin d’être charmant. »
Toutefois, il y a également plusieurs textes qui sont d'une lourdeur choquante. Des récits de viol qui provoquent une colère et une tristesse chez le lecteur. Le talent des auteurs nous permet d’être au cœur de ces histoires, parfois un peu trop. C’est un livre qui est dur qui nous pousse à vouloir réagir et aider, même les personnages.
Lire et réfléchir
Entre les cris d’une femme qui n’en peut plus et ceux d’une mère qui souhaite à tout prix protéger sa fille d’une société qui nous rend paranoïaque, chaque histoire apporte son lot de réflexion et de points de vue sur la culture du viol.
« Évidemment, entre le regard insistant des hommes et un viol, il y a un Kilimandjaro de différences. Pourtant, le fait de rendre les femmes coupables d’avoir tenté le regard des hommes procède de cette même logique selon laquelle les victimes sont culpabilisées, et les coupables, victimisés. » - Judith Lussier, Sous la ceinture.
Une humanité de copie
Pour tout dire, ce livre, je l’achèterais à tous ceux que je connais. J’en donnerais des copies dans les écoles et dans les maisons des jeunes. J’en donnerais aussi dans les bureaux, dans les hôpitaux. J’en donnerais une copie à tout le monde parce que ce livre se doit d’être lu. Par ces mots parfois choquants, souvent criant de vérité, on ressort de notre lecture grandie. Il nous aide à comprendre toutes les facettes de cette culture qui grugent notre société par en dedans.













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